EdG-IsisCrisis-20180410cIsis Crisis est un Matrix Game initialement crée par Rex Brynen et Tom Mouat. Nous l’avons mis en oeuvre avec un groupe hétéroclite de professionnels : dirigeant d’un cabinet de conseil, miliaires, journaliste, enseignants d’université, étudiants.

La séquence du 10 avril 2018 fut assez courte (un peu moins de 2 heures) et avait pour but de montrer les potentiels des Matrix Games.  Ce que les joueurs en disent :

L’approche du storytelling en wargaming peut certes décontenancer au début mais elle ouvre rapidement de nouvelles perspectives. Le fait de pouvoir combiner actions diplomatiques, humanitaires et militaires est indéniablement le point fort de ce type de simulation

Sept factions ont été jouées, en binôme ou en solo, dans un scénario début 2017 sur la situation régionale en Irak-Syrie : Iran, Kurdes, Gouvernement irakien, Jordanie, MSF, Daesh (ISIS), Russie. Les US, la Turquie et le régime syrien étaient joués par l’arbitre. Le système très simple est entré pleinement en action au deuxième tour.

J’apprécie énormément le fait que l’on puisse argumenter et contre-argumenter afin que cela nous offre plus de moyens d’actions, mais cela ne semble pas toujours idoine dans certaines situations (notamment celles nécessitant peu de moyens)

EdG-IsisCrisis-20180410bLa durée fut évidemment trop juste (3-4 tours) pour avoir le temps de déployer une stratégie mais la séance fournit une appréciation suffisante du potentiel. Avec ce mode de jeu particulier, c’est le débat qui importe et ce que l’on en retire en tant que joueur d’une faction (frustration, jubilation,…) pour mieux saisir la complexité des interactions sur un théâtre de crise. La limite principale reste l’évaluation sur l’instant du poids des arguments/contre-arguments mais le potentiel d’expérience est le plus important in fine. Parmi les moments remarquables :

  • La tentative de ISIS à faire venir MSF dans la région de Homs (sous contrôles ISIS) prétextant des flots de réfugiés dont le régime de Damas ne se préoccupe pas… avec la coopération de Al Jazira qui offrira juste ce qu’il faut de pression médiatique.
  • La poussée de l’armée irakienne pour sauver le barrage de Samara d’une infiltration de ISIS, avec un backup important des US
  • Les négociations Kurdes pour laisser des corridors « humanitaires » actifs – et lucratifs – ainsi qu’un habile renforcement des positions acquises plus tôt dans l’année.
  • Le support par l’UN d’une mission MSF qui ne cessait d’être pris entre le besoin de protéger ses personnels et assurer un soutien là où nécessaire.
  • Le show of force des appareils iraniens sur les Peshmergas trop proches de la frontière tout en lançant avec succès une cyber-attque vers la Turquie afin de bien rappeler « qui doit rester où » dans la région. Toute cela sous le regard des conseillers iraniens fraîchement arrivés à Damas.
  • La brutale sécurisation d’une ligne Damas – Lataquié par les spetnazs et les décisions souvent pesantes de Moscou sur les décisions des autres acteurs… tout autant que le regard scrutateur du Guide Suprême sur l’ensemble du plateau.

L’engagement des ONG sur le terrain offre de nombreuses perspectives qui enrichissent les parties. C’est un point fort à développer car dans de nombreux jeux, les acteurs non-étatiques ne sont pas pris en compte.

 

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